CP Votations 22 septembre

Initiative populaire «OUI à l’abrogation du service militaire obligatoire»

La Gauche est contre l’armée, mais refuse cette initiative qui n’a pas fait l’unanimité du GSSA, elle recommande donc de voter NON. Le peuple suisse veut une armée, soit, mais nous ne voulons pas glisser vers une armée professionnelle qui ne coûterait pas moins cher. De plus, nous estimons qu’aujourd’hui aucun citoyen n’est réellement obligé de servir dans l’armée car il peut choisir la voie du service civil. Mais cette initiative abroge aussi l’obligation de faire un service civil, soit l’obligation de consacrer un temps pour la collectivité dans notre société individualiste. Dans l’histoire, les armées de milice ne se retournent pas contre leurs peuples. A défaut de suppression, nous aimerions aussi que l’armée s’engage plus dans certains conflits pour des missions désarmées et d’aide aux populations civiles pour au moins servir à quelque chose de concret.

Libéralisation des heures d’ouverture des shops des stations-service

La Gauche suisse dit NON à cette libéralisation, car nous ne voulons pas encore plus précariser des emplois, et il n’y a pas de besoins réels justifiés et indispensables pour la population. Que les services des urgences des hôpitaux soient constamment ouverts, d’accord, mais devoir assurer un service pour vendre de telles marchandises est aussi idiot qu’inutile. A voir les publicités imbéciles fleurissant pour cette campagne, La Gauche dit que si certains se soucient essentiellement de saucisses à rôtir, La Gauche s’intéresse elle à la qualité de vie familiale et sociale et donc aux horaires décents de ceux qui les vendent.

Révision de la loi sur les épidémies

La Gauche laisse la liberté de vote sur ce sujet qui demande de pouvoir obliger une vaccination en cas de danger, car les deux parties nous semblent avoir des arguments valables. D’un côté la demande de liberté individuelle et la dénonciation de pressions de lobbys pharmaceutiques, et de l’autre une obligation qui serait faite pour le bien collectif en cas de danger majeur, et sous le contrôle de l’Etat. Nous sommes pour la liberté de vote car ici il s’agit plus à notre avis d’une question de vision personnelle qu’une réelle question de positionnement pour un parti politique, et donc nous laissons la liberté de vote à ce sujet.

Pour le collectif national
                                           
                                          Frédéric Charpié

CP Abolition des forfaits fiscaux : Le Conseil fédéral manque de courage, mais les initiants restent confiants

Après qu’il ait déjà recommandé le rejet de l’initiative pour l’abolition des forfaits fiscaux, le Conseil fédéral en remet une couche. Son communiqué de ce jour n’apporte aucun nouvel argument. Avec ce rejet, le Conseil fédéral manque à nouveau une occasion d’en finir avec un privilège fiscal obsolète pour super-riches et également de donner un signal fort et positif dans un thème actuellement très délicat de politique extérieure.

L’initiative exige les mêmes règles pour tous : chacun doit payer ses impôts selon ses capacités économiques. Le forfait fiscal est contraire à la règle d’égalité de traitement et enterre la morale fiscale. A cette inégalité fondamentale, la révision cosmétique adoptée par le Parlement en automne dernier n’y a rien changé du tout, car les 5500 profiteurs actuels ont bénéficié d’une période de transition de 5 ans, ainsi il ne se passera rien jusqu’en 2019.

Abolitions cantonales : un bilan intermédiaire positif

Les initiants – La Gauche –  Alternative Linke – La Sinistra, aidée par la suite par le PS, l’USS et Unia, attendent avec grande confiance la votation qui approche. Le bilan des votations cantonales passées est positif. Entre 2009 et 2013, de telles votations pour l’abolition des forfaits fiscaux ont trouvé une majorité dans 5 cantons (ZH, SH, SG, AR et BL), de plus à Bâle-Ville, le Parlement a décidé à une grande majorité leur abolition. Dans les cantons de Berne, Nidwald, Thurgovie et Lucerne, les initiatives ont été rejetées mais à une très faible majorité. Une comparaison avec le résultat de l’initiative pour la justice fiscale du PS en 2010 démontre que les initiatives d’abolition de forfaits fiscaux atteignent entre 11 et 23 % de OUI en plus.

Zurich : l’abolition rapporte

L’exemple de Zurich prouve que l’abolition des forfaits fiscaux peut rapporter. L’exode annoncée n’a pas eu lieu : la moitié sont restés, et ils ont apporté plus d’argent que tous les profiteurs réunis d’avant. De plus, sur la moitié de « migrants », plus de 50% sont restés en Suisse et on juste changé de canton, ce qui nous fait dire que raisonnablement avec une solution helvétique, tous ces « exilés cantonaux » ne quitteraient pas forcément la Suisse, ayant des attaches qui comptent dans notre pays, donc le résultat serait encore plus positif.

 

                                                               Pour le comité d’initiative : Frédéric Charpié

Renseignements:

En français :                     – Frédéric Charpié, secrétaire national La Gauche 078 892 73 74

En allemand :                   – Nicklaus Scherr, coordinateur alémanique 044 241 77 18

PS :                                      – Susanne Leutenegger Oberholzer 079 673 01 03

UNIA :                                 – Vania Alleva 076 330 82 07

CP Votations 9 juin 2013

Votations fédérales du 09 juin 2013: positions de La Gauche suisse

Référendum sur les dernières modifications de la loi sur l’asile (LAsi)

Nous soutenons ce référendum depuis le début. Il faut revoir notre système d’accueil en profondeur. Si ces modifications sont avalisées par le peuple, la Suisse ne respectera plus certains droits de l’homme des plus élémentaires, une véritable honte. La désignation de boucs émissaires fonctionne bien en période de crise mondialisée, et même en période de plein emploi la cupidité de certains partis arrive à faire douter la population. La Gauche compte sur un réveil citoyen, car maltraiter une poignée de pauvres gens ne va rien résoudre. La Suisse est un pays ou le vivre ensemble doit pouvoir prévaloir pour garantir une cohésion nationale pluriculturelle et plurilingue à laquelle nous sommes tous attachés, maltraiter ainsi des réfugiés, c’est nous renier nous-mêmes et cracher sur nos valeurs les plus fondamentales.

Élection du Conseil Fédéral par le peuple

La Gauche est favorable à une élection du Conseil Fédéral par le peuple, mais nous voyons 2 raisons principales pour ne pas soutenir cette initiative. 1) Il n’est pas prévu de limite de budget et de temps de campagne pour cette élection, ce qui donnerait un avantage conséquent aux riches partis bourgeois et à l’UDC pour arroser le pays de propagande et occuper le terrain. 2) Il n’y a pas dans le texte proposé de garantie suffisante pour maintenir une chance de représentation de certaines régions et rien pour le maintien d’un équilibre ville-campagne. Pour ces deux raisons essentielles, nous rejetons cette initiative. Cependant le système actuel n’est pas satisfaisant, et pour le maintien acceptable du mode d’élection actuel du Conseil Fédéral, il faudrait empêcher les élu-e-s de nos deux chambres de siéger dans des Conseils d’administration et limiter drastiquement l’accès des lobbyistes à Berne, quitte à devoir augmenter les indemnités des élu-e-s siégeant sous la Coupole Fédérale.

CP Forfaits fiscaux: le Conseil fédéral ne soutient pas notre initiative

Sans surprise, le Conseil fédéral ne soutiendra pas notre initiative fédérale demandant la suppression des forfaits fiscaux. Nous le remercions de n’avoir pas proposé de contre-projet, convaincus que cette dernière va être acceptée en votation populaire.

Le Conseil fédéral dit que l’on a déjà durcit les choses pour les millionnaires bénéficiant d’un forfait fiscal, en passant la dépense minimale prise en compte pour calculer leurs impôts de 5 à 7 fois la valeur locative de leur logement. Ainsi, en retirant une goutte d’eau de cet océan d’injustice fiscale, le Conseil fédéral crois qu’il va pourvoir convaincre les citoyens d’avoir réellement durcit le ton, si ce n’était pas si ridicule, ce serait presque amusant !

Non content de se moquer du monde avec cette petite mesure, le Conseil fédéral annonce que ce système aurait rapporté 668 millions de francs en 2010 à la Confédération. C’est vrai, mais nos 7 sages oublient de mentionner ce que nous aurait potentiellement rapporté le fait que ces personnes payent leurs impôts comme tout le monde, et y compris si la moitié devaient quitter la Suisse.

L’exemple zurichois est criant, et grâce à l’initiative de notre section cantonale,  Zurich a supprimé début 2010 cet avantage fiscal et est maintenant bénéficiaire malgré le fait que la moitié des millionnaires au bénéfice d’un forfait aient pris la poudre d’escampette. Et 70% des riches ayant quitté le canton de Zurich sont restés en Suisse. Que faut-il en déduire ? Et bien qu’une partie de ces gens n’auraient pas forcément quitté la Suisse, et donc avec une initiative fédérale, la migration extra-cantonale étant rendue impossible, nous serions encore bien plus bénéficiaires que les zurichois ne le sont déjà.

De plus, il est temps d’enlever cette échine du pied à dame Helvétie, car ici nous sommes montrés du doigt par les pays avec qui nous commerçons. Ces forfaits, une fois supprimés, ne seraient plus un frein à nos négociations commerciales avec les pays voisins subissant cet exode fiscal, mais ceci permettrait aussi à notre pays de soigner son image, chose difficilement chiffrable, mais tout de même importante à relever.

Charpié Frédéric – Secrétaire national

CP Votations fédérales du 03 mars 2013

OUI à l’arrêté sur la politique familiale, car il faut prendre des mesures dans un pays où la courbe de soutien aux familles diminue face à celle de la richesse exponentielle d’un tout petit pourcentage de citoyens nantis, et nous pouvons constater ce manque de soutien avec un taux de natalité des plus bas d’Europe (1,5 enfant par femme). Pour un pays riche, c’est une véritable honte, et La Gauche soutiendra toutes les mesures visant à une meilleure répartition des richesses. La soutien aux familles est donc un volet important pour La Gauche, qui s’étonne de constater dans les faits que de grands partis bourgeois portant cette initiative sont les mêmes qui s’en prennent aux classes moyennes dans de nombreux autres domaines, en menant des politiques privilégiant les plus riches et attaquant sans cesse le soutien aux biens et aux services publics.

OUI à l’initiative contre les rémunérations abusives «initiative Minder». Car cette initiative se situe dans le même esprit de la ligne politique défendue par La Gauche, notamment avec notre initiative fédérale pour la suppression des forfaits fiscaux, qui sera prochainement soumise aux citoyens. Les rémunérations abusives, en temps de crise économique mondialisée, sont clairement indécentes, et le cas de M. Daniel Vasella n’est que la partie visible de l’iceberg. Ici, nous pouvons dire que cette initiative n’est largement pas suffisamment radicale car cet « arrangement » ne résoudra pas de nombreux points laissés à la libre décision des actionnaires, laissant ainsi encore bien trop des possibilités au maintien de l’arrogance du monde de la finance, mais de manière générale cette initiative fédérale va dans le bon sens.

OUI pour la modification de la loi sur l’aménagement du territoire, malgré les résistances de certains membres du comité, qui mettent en avant que cette mesure ne résout pas un certains nombre de problèmes en milieu urbain, et qu’elle est aussi une mesure «par le haut» privant les cantons de leur souveraineté en la matière. Cette initiative est aussi vue comme un manque de délicatesse pour les petits propriétaires fonciers de certaines régions qui verront leurs biens dévalués considérablement, passant par certains endroits avec un dézonage de 200.- CHF le M2 à 8.- CHF le m2. Cependant, l’intérêt général primant sur quelques intérêts individuels, le comité est favorable à cette modification de loi. Ce projet de modification de la loi permet dans les faits d’éviter un mitage du territoire prenant des proportions indécentes dans certains cantons. Partant, les cantons concernés ne peuvent pas légitimement revendiquer un droit à la souveraineté cantonale après avoir mené des politiques bien trop libérales et irresponsables en matière d’aménagement du territoire, ils devront donc assumer leurs politiques face à leurs citoyens qui feront le frais de ce changement de loi.

 

Le comité directeur

Mali: les obscures motivations françaises !!

Papier de contribution pour la réflexion de La Gauche suisse sur le conflit malien

Frédéric Charpié – Secrétaire national – Le 21 janvier 2013

 

Mali, le MNLA devrait recevoir l’appui de la France et de la communauté internationale, et primer sur les forces de la CEDEAO dans la résolution du conflit malien, mais la France est surtout venue au Mali pour préserver et développer ses propres petites affaires !

 

En ayant choisi de se lancer dans un conflit armé au Mali, une fois les rebelles intégristes mis hors d’état de nuire, la France devra tout faire pour favoriser l’autodétermination du peuple malien et la mise en place d’un futur processus démocratique, et notamment en collaborant étroitement avec le mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), seul gage d’un processus de paix pouvant à terme résoudre un conflit Touareg vieux de plus de 30 ans. Mais tout ça n’est actuellement pas en bonne voie, bien au contraire ! Hollande débarquant au Mali a tout du colon calculateur qui veut exploiter le sol malien avant toute autre chose, avec de claires visées sur le potentiel minier du pays, et particulièrement sur l’uranium se trouvant dans la région de Faléa. Partant, la Suisse doit tout entreprendre pour accélérer et promouvoir une médiation la plus rapide et la plus forte possible avec le MNLA.

 

Mali, le difficile progrès de la démocratie :

 

Bamako, le 26 mars 1991, Moussa Traoré se fait renverser après 22 ans de dictature, ayant préféré la fermeté totalitaire plutôt que de laisser s’exprimer la voix du multipartisme. Les répressions sanglantes que Traoré a commandées lors des marches pacifiques des 21 et 22 janvier 1991 furent le déclencheur du coup d’état qui précipita la chute de sa présidence, et qui le condamna à mort au procès qui suivi. Présent à Bamako en mars 1991, je qualifierais ce coup d’Etat comme relativement «doux» en comparaison à d’autres soulèvements en Afrique.

 

Après 1991, on peut parler d’une relative stabilité au Mali, et notamment grâce à l’élection du président Amadou Toumani Touré en 1992, réélu en 1997, des élections qualifiées par ses opposants de truquées, mais pas à une échelle pouvant objectivement remettre en cause la légitimité de ce nouveau président, reconnu par la communauté internationale. Au Mali, comme dans de nombreux autres pays africains, on peut affirmer que la richesse du sol ne sert largement pas le peuple et son développement, mais bien les actionnaires des compagnies étrangères qui l’exploitent, avec dans tous les cas la complicité très intéressée du gouvernement en place.

 

Dans les faits, Amadou Toumani Touré dirige le Mali de 1992 à 2012 et arrive à le maintenir dans un climat de relative paix générale, on pourrait situer son «curseur de corruption», du point de vue du marchandage des richesses de son sol, relativement central par rapport à la moyenne des pays africains. Le seul mouvement contestant ses agissements et le délaissement de la population malienne, et menaçant le pouvoir de prendre la partie Nord du pays est le mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), un mouvement autochtone luttant pour l’indépendance du sud du Mali, et autoproclamé laïque. Depuis le coup d’Etat du 22 mars 2012, une équipe de cupides militaires, bien pire que celle de l’ancien président, tient le pays, et le président Amadou Toumani s’est réfugié à Dakar. Partant, il serait fort utile que la France, qui ne cesse de parler de «la demande d’aide officielle des autorités maliennes», précise bien de quelles autorités il s’agit, soit une bande de putschistes non élus sous les ordre du capitaine Sanogo, un groupe illégitime n’ayant d’ailleurs agendé aucune élection pour appuyer sa légitimité depuis sa prise de pouvoir.

 

Le processus démocratique au Mali est globalement dans une avancée médiocre par rapport à d’autres pays, citons en exemple pour l’Afrique de l’Ouest le Sénégal, et ce récent coup d’état fait encore reculer ce processus. La corruption qui règne au Mali permet difficilement une mobilisation efficace et unie des maliens pour lutter contre l’intégrisme des différents groupes islamistes qui gangrènent le pays depuis le Nord. Il y a donc clairement un lien de cause à effet entre la lutte inefficace des populations autochtones contre les groupes islamistes et le manque d’avancées démocratiques pour les régions concernées. Il s’agirait donc ici pour les occidentaux qui voudraient réellement lutter durablement contre les islamistes radicaux de soutenir avant tout l’avancée de la démocratie dans les pays africains, avant d’aller y défendre leurs intérêts personnels.

 

Les priorités de la France au Mali :

 

Actuellement, on peut dire que la France est venue au Mali pour 3 raisons principales :

 

  • Un besoin pour François Hollande de redorer son blason, car il est pris dans un contexte politique et économique difficile ou la France est aux abois, et ne pourra pas tenir ses promesses électorales. Du coup, une main mise par la France sur les richesses du sol malien, en jouant la carte solitaire et le valeureux sauveteur des populations, peut potentiellement relancer considérablement les affaires de François Hollande.

 

  • Il faut éviter pour la France qu’AREVA puisse manquer d’uranium, avec une possible avancée des islamistes dans le Niger voisin, mais aussi en sachant que le sol malien a aussi un fort potentiel de gisement de ce minerais dans la région de Faléa. L’exploitation de l’uranium génère une telle pollution qu’elle est inenvisageable dans un pays démocratique (d’ailleurs les australiens viennent aussi en Afrique pour ce business, malgré le potentiel de leur propre sol en la matière). Et tout ceci combiné avec d’autres intérêts purement économiques que l’on peut sans autre qualifier de néocolonialistes. La France, pour dissimuler les dégâts et les cancers générés dans la mine d’AREVA au Niger, a construit un hôpital pour accueillir les malades, et on fait passer tout ça officiellement pour une montée exponentielle du taux de SIDA (…).

 

  • Et enfin, il faut bien lutter contre le terrorisme islamique, un mouvement inquiétant notamment pour la population de la capitale Bamako ou de nombreux français résident. Mais ici il faut bien comprendre qu’avant de combattre  avec raison de tels mouvements, ces derniers ne servent que d’alibi pour couvrir bien d’autres affaire, sinon le plus efficace aurait été de soutenir le développement du MNLA depuis des années.

 

Pour la 3ème raison, on peut bien entendu légitimer tout combat qui serait mené contre des criminels intégristes. Mais dans le même temps il faut aussi noter que la France soutient aussi l’opposition syrienne, une opposition qui comprend des djihadistes du mouvement Al-Nosra. Mais Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères français, s’empresse de minimiser l’importance de ce groupe dans l’opposition syrienne. Normal, à l’heure d’accueillir une délégation de l’opposition dont la rencontre est prévue le 28 janvier 2013 à Paris (…).

 

L’avenir des maliens, remplacer des enragés islamistes par une nouvelle vague coloniale ? 

 

Ce qu’il faut observer, c’est le manque de réaction de la France sur le terrain suite à la demande du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) faite le lundi 14 janvier 2013, une demande de collaborer avec les forces françaises pour expulser les groupes islamistes armés : Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), un groupe qui n’a plus besoin de sa maison mère Al-Qaïda, quasi disparue ; le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) ; et Ansar Eddine (Défenseurs de l’islamisme radical).

 

Comment la France va donc pouvoir «se passer» du soutien du MNLA ? Un mouvement rebelle autochtone déclaré laïque qui ne va pas forcément faciliter la reprise de toutes «ses petites affaires» dans le Sud du pays. Ce groupe de rebelles est assagit, et ne demande plus l’indépendance absolue de l’Azawad depuis décembre 2012, mais sa relative possibilité d’autodétermination dans un Mali démocratisé. Le problème Touareg, vieux de plus de 30 ans, ne peut se régler durablement et en profondeur qu’en considérant le MNLA comme un partenaire crédible dans cette affaire malienne, et en lui donnant notamment les moyens nécessaires pour éviter son propre éclatement, en travaillant à son renforcement, conditionné au maintien de valeurs démocratiques et laïques qui sont communément partagées.

 

Pour le processus guerrier, la «chair à canon» sera essentiellement composée des forces de rebelles du MNLA, ou plutôt vu la tournure des évènements des soldats de la très officielle CEDEAO (communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest). Les français vont tout faire pour ne pas devoir trop aller en première ligne, mais la prise de décision compulsive de leur président, par ailleurs chef des armées, et qui a lancé cette opération sans consulter personne, risque de laisser la France bien seule sur le terrain, mais c’est le prix à payer pour mettre la main en priorité sur les richesses du sol malien, et de pouvoir gérer l’information en décrétant les territoires du Nord inaccessibles à la presse internationale. Un risque d’enlisement est donc bien présent dans cette situation, avec des soutiens des pays de l’UE unanimes dans les mots, mais restant bien timides sur le terrain, et ce malgré les gesticulations du député Européen Daniel Cohn-Bendit. Par là, on peut aussi mesurer la faiblesse identitaire et solidaire de cette Union Européenne, qui hélas n’est décidément bonne qu’à organiser et faciliter le pillage interne et externe par les plus grandes transnationales du monde, les entreprises du CAC 40, comme tout ça est triste et pathétique ! Dans l’intervalle on peut déjà dire qu’une intervention armée pour combattre ces groupes intégristes était indispensable, mais que la France a pris une bien curieuse option de vas-en-guerre, gageons que les maliens, agitant avec bonheur des drapeaux français à Bamako, ne payerons pas trop chèrement le prix de ce sauvetage conditionné et marchandé par la France avec leurs dirigeants actuels, totalement illégitimes.

 

Quels enseignements à tirer de la situation actuelle au Mali ?

 

Alors, que retenir pour l’instant de ce conflit malien, pour les maliens? Les putschistes actuellement au pouvoir ne sont pas plus intéressés que ne l’était l’ancien président à remettre de l’ordre dans le Nord du pays, et le MNLA à lui seul ne serait jamais arrivé à bout de ces groupes armés qui se revendiquent d’un Islam radical. Partant, il fallait tout de même bien trouver une solution, pour priver d’un tel territoire ces groupes armés, et les empêcher de se développer, recruter, prospérer, mais il faillait le faire en favorisant un règlement du conflit qui ne ressemble pas à un débarquement néocolonial comme c’est les cas actuellement.

 

La France ne va pas au Mali par pur altruisme désintéressé, mais d’ailleurs l’occident n’a jamais réellement lutté contre l’extrémisme, ou alors seulement par moments et selon les intérêts du jour. Des pays occidentaux qui sont très proches avec le Qatar, mais aussi avec l’Arabie Saoudite, avec des saoudiens qui ont pourtant propagé le wahhabisme, la version la plus radicale de l’Islam, en mettant notamment une puissante pagaille au Pakistan pour lutter contre les soviétiques. Mais ceci dit, sans cautionner ni pardonner, on peut bien expliquer tout ça, le salafiste saoudien qui nous vend son pétrole et nous achète des armes vaut bien mieux que celui qui pose des bombes, même si son idéologie fondamentaliste est la même, soit la promotion d’une Charia avec un lecture et une application des plus barbare, et ce dans le monde entier.

 

Espérons que l’autodétermination du peuple malien et la mise en œuvre d’un processus démocratique pourront se faire dans un avenir proche, mais certains relans de néocolonialisme et le muselage des médias nous rappellent de très mauvaises habitudes, et ça commence ici par cette France qui reste sourde aux appels de collaboration faits par le MNLA, ne manquant pas en toute occasion d’aller même jusqu’à diaboliser ce mouvement, quand on veut tuer son chien, il est toujours pratique de faire croire qu’il a la rage, ainsi le crime peut passer pour une saine opération sanitaire !

 

Frédéric Charpié – Secrétaire national

CP Référendum LAsi

Le référendum contre les dernières modifications de la loi sur l’asile LAsi sera remis aujourd’hui à 15h30 à la Chancellerie à Berne !

Associée à de nombreuses organisations de la société civile, et avec l’aide des Verts et de «dissidents» socialistes, La Gauche est satisfaite de voir que la récolte des 50’000 signatures requises pour ce référendum est un succès.

Nous pensons que cette récolte de signatures est une première victoire de la base sur les logiques d’appareils de la gauche en Suisse, et que c’est une très bonne nouvelle pour nous, un signe que les militant-e-s ne se contentent pas de suivre les consignes données par leurs dirigeants, mais ont encore l’intelligence du cœur, en sachant que le jour ou le pire n’est plus combattu, il n’y a plus d’espoir du tout.

La Gauche félicite surtout ici ces partenaires, car nous avons pris le train de ce référendum en route seulement une fois que notre propre initiative fédérale demandant la suppression des forfaits fiscaux ait été remise à la Chancellerie fédérale. Maintenant, il s’agira de faire campagne avec nos maigres moyens, mais notre atout principal reste encore de pouvoir compter sur le bon sens citoyen, et d’espérer que ce dernier l’emportera dans les urnes.

Nous ne pouvons pas lire objectivement cette prochaine votation comme perdue d’avance, car un vent nouveau se lève, et une prise de conscience de nos concitoyens, qui croient de moins en moins aux raccourcis prônés par l’UDC, est en train de souffler sur la Suisse. Gageons que ce vent nouveau soufflera suffisamment fort pour porter nos idées, les faire progresser, et pouvoir repousser enfin cet énième durcissement de la loi sur l’asile, car il est temps que nous puissions aborder ce sujet en y apportant des solutions réalistes, et en restant dans le cadre des conventions et des traités que la Suisse a signé, et notamment celle des droits de l’homme, ce qui est un minimum pour un pays industrialisé aussi riche que le nôtre.

Frédéric Charpié – Secrétaire national

CP Forfaits fiscaux, la France bouge!

Paris resserre les boulons de ses évadés fiscaux en Suisse, une bonne chose !

En temps de crise économique mondialisée, les forfaits fiscaux accordés aux riches étrangers en Suisse plaisent décidément de moins en moins à nos partenaires commerciaux. La récente décision française de retirer une directive protégeant ses évadés fiscaux en ne se donnant même pas la peine d’avertir notre gouvernement pour resserrer les boulons de leurs évadés fiscaux démontre bien que ce système inique n’est plus du tout défendable.

A l’heure de devoir se poser les bonnes questions sur les forfaits fiscaux accordés en Suisse, on voit bien dans le débat que certains n’hésitent pas à franchir certaines barrières et brandir des menaces totalement ridicules. Actuellement il s’agit bien de peser avec pragmatisme les intérêts de la Suisse. Avec le recul dont nous disposons avec le canton de Zurich qui a supprimé les forfaits fiscaux, on doit marteler que ce canton est maintenant bénéficiaire, et que la suppression de cette mesure n’a pas eu les effets projetés par les détracteurs de cette votation à l’époque, des détracteurs qui brandissent exactement les mêmes menaces aujourd’hui pour lutter contre notre initiative fédérale.

M. Pascal Broulis ose même rappeler à la France le nombre de frontaliers et la masse salariale versée par la Suisse à la France (…) ! Ces propos sont indignes d’un élu de son niveau, La Gauche demande donc à ce Monsieur de bien vouloir considérer ce qu’apporte aussi à nos entreprises et à notre économie cette main d’oeuvre étrangère. A l’heure où les négociations avec nos partenaires commerciaux s’avèrent être de plus en plus difficile, il est temps d’arracher cette échine plantée dans le talon de dame Helvétie. Notre initiative ayant été avalisée par la Chancellerie fédérale, le peuple suisse devra se prononcer sur cette question de justice fiscale, et ce n’est pas la «haine du riche» que l’on nous attribue injustement qui va être le moteur de notre campagne, mais bien des faits et des chiffres clairs qui en appelleront simplement au bon sens de nos concitoyens.

La France n’accordera donc plus le bénéfice de la Convention de double imposition de 1966 sur le revenu et la fortune à ses citoyens imposés en Suisse au forfait majoré. Le retrait de cette convention prenant effet au 1er janvier 2013, les bénéficiaires verront les 15% d’impôts prélevés à la source passer à 30%. En ce sens, on peut considérer qu’un bon pas est fait pour ces quelques 2’000 bénéficiaires français, ne restera plus qu’à supprimer tous ces forfaits pour atteindre une réelle justice fiscale dans ce domaine, pour eux, et pour les 3’000 autres bénéficiaires.

Le collectif national

CP Mur budgétaire américain: L’accord de la honte en voie d’être finalisé !

Il y a quelques heures, les démocrates majoritaires au Sénat ont très massivement baissé leur pantalon devant la peur du refus d’un accord fiscal permettant d’éviter le mur budgétaire, menace brandie par la chambre des représentants à majorité républicaine.  (Vote final global, 89 voix contre 8). Un véritable camouflet est donc adressé à leur leader Barack Obama. Mais malgré cette mauvaise nouvelle, nous observons qu’une brèche de plus s’ouvre pour pouvoir envisager de grands changements sur le plan mondial.

Alors que Barack Obama articulait pour les futures hausses d’impôts un revenu annuel supérieur à 250’00.- $ et ses adversaires  globalement 400’000.- $, ces derniers sont allé même jusqu’à parler de 1 million ces derniers jours, et le culot a payé, car ce serait finalement uniquement les revenus supérieurs à 450’000.- $ qui seraient touchés par ces augmentations, et gageons que cette véritable farce sera acceptée sans problème par la chambre des représentants.

Il s’agit ici du premier échec cuisant de cette présidence Obama reconduite, la manouvre consistant à vouloir faire porter le chapeau aux républicains une non acceptation d’un accord bien plus acceptable ayant effectivement échoué lamentablement. Pour que le pays puisse réellement s’offrir un ballon d’oxygène, on aurait pu imaginer des hausses d’impôts relativement importantes pour les revenus annuels supérieurs à une somme entre trois cent et trois cent cinquante mille dollars, mais le Sénat démocrate accouche d’un accord sur quatre cent cinquante mille dollars !!

Maintenant, la question sera de voir à quelle hauteur ces ultras riches contribuables devront être taxés pour pouvoir éviter la catastrophe. Vu les statistiques et le nombre de contribuables « concernées » en moins avec un chiffre si bas, et c’est bien de ça dont il faut parler, on peut craindre que ceci ne fasse que prolonger l’échéance inéluctable du crash final. Le mur budgétaire est donc évité provisoirement, mais cet accord ne peut en aucun cas rendre cette situation tenable à moyen terme.

Donc la facture finale sera encore adressée aux citoyens qui ont déjà la tête sous l’eau, tellement la forteresse des dominants semble une citadelle imprenable aux Etats-Unis, mais aussi dans de nombreux autres pays. Partant, quelle est l’autre alternative pour les peuples oppressés que celle de reprendre le pouvoir par la rue et les urnes? 2013 viendrait donc de si mal commencer? Nous ne pouvons pas le croire, car à terme la somme de tout ces mépris adressés aux 99% par les 1% et leurs représentants accélère aussi l’annonce du début d’une ère nouvelle. Une révolution citoyenne devra rapidement mettre à bas ces politiques d’austérité sociabilisant les pertes et privatisant les bénéfices. Il faut donc prendre acte de cette réalité, serrer les rangs sans verser dans les discours simplistes, et bien garder en tête que le maître mot, celui qui fera réellement la différence, est « Solidarité » !! Nous devons maintenant mener une politique positiviste, s’adressant à toutes celles et ceux qui n’imaginent pas d’issue possible sans une meilleure redistribution des richesses grâce à des politiques mettant au centre de leurs préoccupations l’humain et la nature qui l’entoure.

Frédéric Charpié – Secrétaire national

Dépôt aujourd’hui de notre initiative fédérale pour la suppression des forfaits fiscaux !

La Gauche (LG), le PS Suisse, l’Union syndicale suisse (USS) et Unia ont déposé ensemble l’initiative populaire «Halte aux privilèges fiscaux des millionnaires (abolition des forfaits fiscaux)», lancée par La Gauche. 103 000 signatures validées, sur les 120 000 récoltées par ces organisations, ont été déposées à la Chancellerie fédérale.

Cette initiative veut abolir dans tout le pays le scandaleux privilège fiscal de l’imposition forfaitaires des millionnaires étrangers. Aujourd’hui, au lieu d’être imposés sur leurs revenus et leur fortune effectifs, ces derniers ne doivent déclarer comme revenu qu’un montant forfaitaire (jusqu’à maintenant 5 fois la valeur locative de leur logement, désormais 7 fois), pour autant qu’ils n’exercent pas d’activité lucrative en Suisse. 5 500 super-riches profitent actuellement de ce dumping fiscal. Parmi eux, on trouve un nombre croissant de nomades du business et de chômeurs fictifs, comme Ingvar Kamprad ou Viktor Vekselberg, qui dirigent leurs conglomérats d’entreprises depuis chez nous.

Les initiant(e)s exigent les mêmes règles de jeu pour tout le monde : chacun(e) doit payer des impôts selon sa capacité économique. L’imposition forfaitaire viole l’égalité devant la loi et sape la morale fiscale. Le durcissement cosmétique des tarifs de l’imposition forfaitaire décidé par le Parlement ne pourra rien changer à cette injustice fondamentale.

Qu’il vaille absolument la peine d’instaurer plus de justice fiscale, l’exemple zurichois le montre bien. La menace de quitter le canton brandie par les bénéficiaires de l’imposition forfaitaire ne s’est pas réalisée : près de la moitié sont restés. Finalement, l’administration fiscale encaisse plus d’impôts de ceux qui sont restés qu’elle en encaissait avant avec tous les profiteurs.

Toute une série de cantons (ZH, SH, AR, BS, BL) ayant déjà décidé de supprimer l’imposition forfaitaire chez eux, une telle suppression au plan national se fait toujours plus urgente maintenant. On pourra ainsi mettre le holà également au tourisme fiscal des millionnaires imposés forfaitairement et à la concurrence malsaine entre les cantons, qui menacent de s’installer si cette imposition n’est supprimée que dans quelques-uns d’entre eux.

Renseignements:
Fred Charpié (La Gauche) 078 892 73 74

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